.

Kinésithérapeutes, orthoptistes : bientôt la possibilité de les consulter sans ordonnance ?

&nspb
 

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2022, adopté le 26 octobre dernier, donne la possibilité à certains patients de consulter, sous conditions, un orthoptiste ou un kinésithérapeute sans présenter une ordonnance au préalable.

Ces mesures feront l’objet d’une expérimentation pendant une durée de 3 ans, avant une extension éventuelle à l’ensemble du territoire.

Orthoptistes en accès direct

À compter de 2022, les orthoptistes travaillant dans des structures de soins coordonnés (maison de santé, centres de santé, etc.) verront leurs compétences élargies. En effet, l’article 40 du PLFSS prévoit d’octroyer à ces professionnels la possibilité de réaliser des bilans visuels assortis d’un droit de prescrire des lunettes et des lentilles de contact sans passer par l’ophtalmologiste au préalable, mais également de réaliser certains dépistages comme celui de l’amblyopie. L’objectif gouvernemental affiché : faciliter l’accès aux soins visuels aux Français, alors que les délais de rendez-vous chez l’ophtalmologiste sont très allongés ; ils s’élevaient, selon les chiffres du Gouvernement publiés en 2018, à 80 jours, ceci avec des écarts régionaux importants.

La mesure a suscité l’ire du syndicat national des ophtalmologistes français (SNOF) qui, face à ce qu’il considère comme une « dégradation du parcours de soins », avait appelé, dans un communiqué de presse en date du 22 octobre, à une grève des professionnels du secteurs lors de l’examen du texte en première lecture à l’Assemblée nationale.

Selon les déclarations de la ministre Brigitte Bourguignon, un prochain décret d’application viendra préciser les modalités de l’accès direct aux orthoptistes, notamment au niveau de tranches d’âges concernées.

Kinésithérapeutes sans ordonnance

Autre mesure : l’accès aux masseurs-kinésithérapeutes exerçant dans une structure de soins coordonnés à la dispensation de soins sans ordonnance médicale. Comme pour les orthoptistes, il s’agit là d’une expérimentation qui aura lieu dans 6 départements pour une durée de 3 ans.

Cet accès direct pourrait s’appliquer aux soins dits « courants », tels qu’une entorse ou une lombalgie.

A travers cette disposition, le Gouvernement souhaite faciliter l’accès aux soins dans les déserts médicaux. Alors que le Conseil national de l’Ordre des médecins a fustigé cette décision, le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a quant à lui salué, dans un communiqué de presse en date du 29 octobre, ce transfert de compétences qui constitue une première réponse à la désertification médicale.

Le principal frein à la mise en œuvre d’une telle mesure résidait dans la crainte d’une explosion des dépenses de la Sécurité sociale. Selon les promoteurs de cette expérimentation, l’effet serait inverse et elle engendrait plutôt une réduction du nombre de consultations d’orientation du médecin.

Source : https://www.previssima.fr